vendredi 29 février 2008

Et la connexion internet me dit a l'oreille......

...."c'est bon Clara, vas-y, regarde-le ton blog, je ne dirai rien aux censeurs de l'internet qui veillent, veillent." Et j'ai pu enfin lire les commentaires que vous m'avez pour certains laissé, avec grand plaisir. J'ai de la chance d'être en route, en voyage, mais il y a une chose que je vous envie... vous allez pouvoir voir le dernier film de Paul Thomas Anderson, There will be blood, et c'est mon réalisateur américain préféré...moi je regarde les chaines de téle chinoise, et cela dit je ris beaucoup. Il y a la chaîne du Kung fu, la chaîne de l'opéra chinois, trés douleureuse pour les oreilles. Le mieux ce sont les feuilletons à l'eau de rose coréens sous-titrés en chinois. Quand la chinoise entre dans la pièce où se trouve le beau chinois ( heu mince ce sont sûrement des coréens, mais bref...) la caméra fait un plan sur le visage du beau chinois (pas terrible quand même) qui a le regard épris d'amour, et puis un plan (avec zoom sur les yeux humides) sur la belle chinoise qui a aussi le regard épris, et puis un plan sur le jeune homme, enfin vous avez compris, six ou sept fois de suite, et il y a la musique qui va avec, histoire que l'on comprenne bien qu'ils sont fous amoureux. Ca c'est pour l'entrée dans la pièce, le mieux ça reste les disputes et la réconciliation qui va avec. Le jour ou je comprendrai l'humour et le pathos chinois, je serai vraiment une grande connaisseuse du pays. Ha les séries de la téleé chinoise...et j'oubliais le télé achat, idéal pour réviser son vocabulaire sur les meubles, les prix, et comme ils répètent vingt fois la même chose, j'ai le temps de comprendre.
La Chine est déroutante, et des traditions séculaire à la modernite, de la profondeur à la futilité, j'en découvre de multiples facettes.

jeudi 28 février 2008

Calligraphie

Deux hommes devant les murailles de Xian

Vieil Homme

Vieil Homme

Mao...

Le monde vu de Chine

Le trait juste

Picasso disait sans ironie qu'il n'y a rien de plus difficile qu'une ligne.
J'expérimente avec douleur l'épreuve du trait cet aprés midi, alors qu'un vieux chinois tente de me faire comprendre comment tracer le trait parfait à grand renfort de métaphores que je suppose poêtiques, mais auxquelles je ne comprends rien du tout, à part qu'il semble trouver déplorable que l'on m'ait laissée être gauchère...Je trempe le pinceau maladroitement dans l'encre de Chine, trace un hideux trait, vulgaire et grossier.... une heure plus tard et quelques centaines de traits ratés à mon actif, j'abandonne l'affaire pour la journée. Le trait parfait est sans doute le travail d'une vie, un savoir qui s'aquiert dans la perfection du geste, le contraire en un sens de l'accumulation de savoirs succints.
Plus tard, je continue mon exploration de la communauté Hui et Oighour de la ville, beaucoup viennent de là d'où je vais partir à pied, la région de Turfan, et je cherche les contacts, les bonnes informations, j'essaye d'expliquer en chinois que je cherche un bon cheval. Et il semble d'après un homme qui vient de Hami (ville voisine de Turfan), qu'un bon cheval coûte dans les 5000 yuans, ce qui nous fait 450 euros...J'ai hâte de le trouver le Bon Cheval. En attendant, je trace des traits, et ce n'est pas une mince affaire.

mercredi 27 février 2008

Au pied des grues la vie

La ville chinoise, c'est tout d'abord une immense horreur d'immeubles disproportionnés, de grues qui s'agitent, grouillent, de pollution, de poussière, de murs qui s'écroulent....et puis une fois les vastes avenues laissées derriere soi, on peut découvrir au pied des grues une autre Chine. Partout dans les ruelles des échoppes, les légumes sautent des woks, les brochettes grillent, dans chaque recoin on s'active. Partout des vieillards affublés d'incroyables lunettes et de cannes en train de jouer aux cartes, des femmes qui tricotent, épluchent des légumes, des enfants qui courent avec d'horribles petits chiens accrochés au bout de laisse. Des vélos chargés de pneus, de morceaux de bambou ou d'autres objets insolites circulent, des vendeurs d'oiseaux patientent. Partout la vie déborde, grouille, le mot est laid mais il correspond au sentiment que l'on retire de la fréquentation de ces ruelles. Je tente de m'acheter des chaussures, désespèrement, les tailles les plus grandes sont trop petites, ce qui pour qui connait ma stature peut sembler surprenant. He oui, ici je suis plutôt une grande, aux trés grands pieds...
Je rentre en longeant les douves ( il y a encore une muraille qui ceinture la vieille ville). Des gens jouent d'un instrument étrange à deux cordes et à archet, et chante partout de l'opéra chinois, douloureux à l'oreille pour un non-initié.
Je respire un grand coup. Ouf, derrière toute la laideur que ces villes exhibent du haut des immeubles, la vie bat son plein. Par ailleurs, j'ai une réponse d'un ouighour de Turfan, il accepte de m'aider à acheter des chevaux. Je n'ai jamais vu l'homme en face, il est professeur de langue à l'école du coin, et il est de famille ouighours ( les turcophones de l'ouest de la Chine), une bonne nouvelle en persective pour l'étape suivante! Je retourne à l'université, un camarade Kazakh, rencontré cet après-midi m'y attend pour un thé.

mardi 26 février 2008

Entrer en Chine

Il ne s'agit pas d'entrer dans la danse, il s'agit d'entrer en Chine est c'est finalement un peu la même chose.
Le gouffre qui me sépare, par la distance mais aussi par la culture, du pays où je suis depuis une semaine est immense: La conséquence, une sensation d'être réduit en petits grains de poussiere et de voler au vent, un peu à la dérive pour l'instant, je l'avoue. Je ne me fais pas d'inquiètude, j'ai des réserves de courage inexploitées, mais l'attérissage est périlleux.
Pour des questions administratives (obtenir un visa de six mois qui ne m'est pas autorisé en temps que voyageuse), je me suis inscrite il y a des mois à l'université de Xian où je suis en ce moment. J'avais peur des éventuels contrôles de prèsence universitaire, mais j'ai annoncé aux responsables que je n'allai rester que trés peu, et ils n'ont même pas posé de questions. J'ai donc un visa de six mois en poche (miracle) et une chambre à l'universite que je peux quitter quand bon me semble. Cependant, j'ai jugé opportun de passer deux à trois semaines ici avant de partir pour Turfan (départ de mes cinq mois de marche), afin de m'immerger en profondeur dans la vie des étudiants chinois, d'entendre leur langue, de parler avec eux malgré ma médiocre connaissance de la langue. J'ai jugé opportun d'écouter le rythme de la Chine, d'en saisir la mélodie, et de me lancer doucement sur la piste avant d'entrer à corps perdu dans la danse. Et j'ai aussi jugé sensé de ne pas me lancer à pied au nord de la Chine alors que les températures sont encore trés basses.
Durant ce bref séjour, je suis soumise à une sinisation intensive: je vais suivre un cours collectif de Tai Chi le matin devant l'université, puis je suis des cours intensifs ( et je précise qu'il n'y a que des japonaises, qui ne parle même pas anglais), puis je vais manger sichuanais (une province du sud), et je fonce à l'atelier de calligraphie. Le soir je retourne manger du Tofu pimenté, des champignons en beignets, des légumes cuits au wok, et l'indispensable riz qui est offert a volonté ainsi que le thé. Les chinois sont étonnamment minces et menus alors que les rues débordent de nourritures, que les fumets se dégagent à chaque centimètre de rue, envoutants ou répugnants. Globalement c'est une cuisine fascinante de couleurs, d'odeur, de saveur, volubile et exhubérante, c'est une belle découverte.
Au rang des moments les plus drôle de la journee, je hisse le cours de chinois, où les quatre japonaises ne cessaient de s'exclamer d'une même voix, des ooooOOOHHH, et des aaaAAAHHHH d'admiration, à chaque fois que le professeur esquissait une explication. Des explications qu'il prodigue en chinois puisque personne ici pratiquement ne parle un mot d'anglais. Je suis plus qu'heureuse de maîtriser les bases de chinois, car demander sa route, acheter un billet ou trouver des toilettes doit tenir du challenge pour ceux qui ne parlent mots de cette langue. Et les chinois sont loin d'être si désagréable qu'on le dit, pour peu que l'on fasse des efforts. Les japonaises sont d'ailleurs d'une étrangeté inégalée, elles possèdent des collections de mouchoires à motif plus ou moins kitch, des appareils électroniques en tout genre, et surtout des tas de produits pour se laver les mains, les oreilles, se protéger de la pollution. Un hygiènisme assez cocasse. Elles restent un réel mystère à mes yeux.
A la deuxième place du podium des scènes burlesques, mettons la séance de Tai Chi, qui fut pour moi un grand moment de désemparement. Si j'exellais au kung fu (pour une débutante j'entends), dans les coups de pieds rapides et portés haut, je suis pratiquement incapable de la lenteur d'action qu'exige le Tai Chi, qui est aussi une forme de méditation en mouvement. L'arc de cercle lent et régulier que devait décrire mon bras lui faisait subir l'équivalent d'une torture, et l'immobilité me semblait se muer en éternité au bout de quelques instants. Le maitre lui, semblait trouver cela trés drôle, ainsi que les étudiants qui passaient par-la.

Demain la journée commencera par une douche glacée, faute d'eau chaude, et une séance de Tai-Chi, une discipline qui me sera fort utile d'ici trés peu, lorsque chaque pas demandera énergie et patience.
Courir est aisé, marcher très longtemps l'est beaucoup moins et c'est ce qui m'intéresse.

dimanche 24 février 2008

Voir Xi'an sous les flocons

Avez vous déjà imaginé l'ambiance dans la gare de Beijing? On joue des coudes pour avoir une couchette dure, la moins chère, et les touristes de mon genre se retrouvent facilement embarqués dans des trains plus luxueux et surtout trois fois plus chers....Partout des écrans géants, des annonces en continue, des publicités qui vous hurlent aux oreilles, et des milliers de gens qui s'agitent. J'ai malgré tout réussi a obtenir une place dans un train, ce qui m'a valu six heures d'attente à observer cette foule, cette folie, et une nuit de train à rêver du grand ouest. Pour les chinois, Xian c'est l'ouest de la Chine ( alors que géographiquement parlant, c'est plutôt le centre est.): ce qui m'invite à penser que malgré la propagande officielle, qui affirme que la Chine protège les lamas tibétains et respecte leur culte (vu dans un temple), qui affirme que le Xinjiang est à portée de main pour les touristes chinois (soit-disant gràce au train, qui met tout de même quatre jours et quatre nuits à traverser toute la Chine), le far ouest est loin dans la mentalité du peuple chinois de faire vraiment parti de la Chine. La Chine c'est la côte, le centre, villes immenses, à la rigueur les montagnes sacrées du Sichuan et du Shaanxi, mais pas vraiment le Tibet et le Xinjiang. Je passe sur ces constatations mais c'est un sujet sur lequel j'aimerais travailler. Xian, c'est cependant vrai, c'est déjà un peu un autre monde. Le quartier musulman est important. Ces musulmans sont les Huis, des chinois de confession musulmane, il ne s'agit pas des ouighours ou autres turcophones pour qui j'ai une vraie affection, mais leur présence colore la Ville. Pour l'instant, il fait froid, il neige, et je sens que je vais passer une partie de la journée à l'auberge a regarder tomber les flocons.

vendredi 22 février 2008

Un irakien a Tian'an men

Tout d'abord je voudrais dire que je rencontre des problèmes techniques avec ce blog, et à ceux qui pourraient y répondre peuvent le faire sur mon adresse mail claraarnaurd@hotmail.fr.
Et cela parce que mon premier problème est que je peux poster des messages, mais qu'il m'est impossible de voir mon blog, et les commentaires que les gens ont laissés. Est ce une histoire de censure, de contrôle de l'internet? Je n'en sais rien, mais je ne peux pas voir mon blog.
deuxième problème, je ne trouve pas les accents sur ce clavier, peut etre n'y en a t-il pas, et cela me fend le coeur d'ecrire ainsi.
dernier probleme, je n'arrive pas non plus à mettre des photos...je vais faire des progrès, je le promets...

Journée paisible à Beijing, que je quitte demain pour Xian. La ville est incroyablement contrastée: ruelles étroites qui sentent le ravioli, le souffre des pêtard qui ont éclaté la veille, ou encore les ordures et où s'entrecroisent bicyclettes et piètons. Avenues gigantesques, traversées par des flots de voitures, encadrées de building et d'enseignes qui clignotent et vantent un monde meilleure ou "impossible is nothing" et ou le "just do it" de la marque de sport Nike devient une maxime pour le pays tout entier. Sur des écrans, l'armée défile sous les yeux méduses de jeunes gens, et partout trône encore l'image de Mao.
"Maintenant avec notre nouveau président, la Chine est trés libre" me dit un jeune garcon qui sert d'interprète a un businessman irakien. Drôle comme les choses sont percues des deux côtés....en France la Chine n'a pas tellement une image de garantie des libertés individuelles. Je mange quelques raviolis en parlant avec l'irakien et le chinois, trois mondes, trois visions qui diffèrent...et au centre de la conversation notre nouveau président qui semble avoir mauvaise presse: auprès de l'irakien à cause de son reremariage, auprès du chinois qui dit préfèrer Chirac, lequel ne cachait pas son admiration pour la Chine...Et moi j'ai soudain des envies de grands espaces et de far-west...

jeudi 21 février 2008

Poussière et crapauds

Après un long voyage, assez éprouvant, je suis arrivée à Beijing.
Dans mon état de fatigue avancée, je ne trouve plus les mots pour décrire mes premières impressions, contrastées, à l'image de la ville. Quelques remarques pourtant sur les clichés pékinois:
-Oui, il y a beaucoup de vélos, et les chinois y mettent n'importe quoi, échafaudage de caisses, cages à oiseau, etc...
-oui les chinois crachent par terre, et cela en poussant des râles répugnants.
-oui, ils mangent de tout ( du serpent, des crapauds, je n'ai pas tout vu)
-oui la ville est trés polluée, recouverte d'un nuage gris.
Le quartier où j'ai élu domicile pour deux jours avant de partir à l'Ouest est cependant fascinant .Les Hutungs, ruelles du vieux Beijing,forment des dédales où je pense que je vais aimer à me perdre demain matin.
Me voila en Chine....l'histoire ne fait que commencer.

mardi 19 février 2008

A nous la Chine


Voici l'itinéraire indicatif.
4000 km que nous tenterons de parcourir mes deux chevaux et moi.

lundi 4 février 2008

Jour de pluie

Les gouttes s'abattent lourdement sur la vitre, je me dis que bientôt je serai sous la pluie avec mes deux chevaux, que je marcherai que je subirai les intempéries, la chaleur, le froid, le vent. Je me dis que cela va être bon de vivre dehors une demi-année.Vous pourrez suivre sur ce blog mon voyage:


Un périple pédestre à travers la Chine aux milles visages.



Je vais m’atteler à une présentation du voyage dans ses grandes lignes.
Ce que je vous présente ici c’est un rêve, qui me porte nuit et jour et dont la perspective me plonge dans une joie sans pareil. Mais c’est aussi un projet qui s’il est ambitieux n’en est pas moins réaliste, réalisable et bientôt je l’espère en cours de réalisation.

Il s’agit d’une traversée de la Chine Le long d’une ligne nord-sud qui me mènera des confins du Xinjiang, en bordure de la Mongolie, jusqu’à la région de Litang au sud est du plateau tibétain.

Cette traversée s’effectuera de bout en bout, à pied avec deux chevaux de bat (dont l’un pourra être monté) et un matériel rudimentaire, exception faite de mon violon qui me suivra durant tout le voyage.

Le projet, loin d’un exploit sportif, ambitionne avant tout d’être une fantastique aventure humaine, celle d’une jeune femme de 21 ans lancée sur les chemins de Chine, au rythme lent de ses pas sur le sol.

Il s’agit de se plonger au cœur de la Chine, afin de tenter de la comprendre un peu, tout en prônant une certaine éthique de voyage, celle de la lenteur qui seule permet de toucher à l’essentiel.

Le but est de dresser un portrait de la diversité du monde chinois, des espaces traversés comme des gens rencontrés en rédigeant des brèves nouvelles.

Ce voyage me fera ainsi découvrir divers visage de la Chine, une chine musulmane, commerçante et nomade, une chine bouddhiste et montagnarde, une Chine des forets et des mythes taoïstes, une chine rurale le long des fleuves et enfin cette chine que l’on connaît par le biais des médias, celle des villes immenses et de la modernité.

Mais c’est aussi et surtout une formidable aventure dont le théâtre sera une Chine hors des entiers battus, une Chine sauvage et méconnue. J’arpenterai ce vaste pays du désert du Taklamakan aux contreforts de l’Himalaya.

Ainsi je partirai de février à septembre 2008, découvrir la Chine chemin faisant, mon violon et deux petits chevaux Kirghizes pour compagnons de route.

dimanche 3 février 2008

Fontainebleau

Imminence du départ.
Les regards des gens qui brillent, une grande sollicitude à mon égard.
Vendredi soir, au très chic Hôtel Napoléon, était réuni à l'initiative du directeur de l'hôtel quelques notables de Fontainebleau, mais aussi ma famille, mes amis. Après la longue préparation en solitaire, voici venu le temps de présenter mon projet à une salle attentive. Périlleux exercice de communication, de présentation de soi.

Voici comment je présentais mon voyage dans mon dossier: