mercredi 27 février 2008

Au pied des grues la vie

La ville chinoise, c'est tout d'abord une immense horreur d'immeubles disproportionnés, de grues qui s'agitent, grouillent, de pollution, de poussière, de murs qui s'écroulent....et puis une fois les vastes avenues laissées derriere soi, on peut découvrir au pied des grues une autre Chine. Partout dans les ruelles des échoppes, les légumes sautent des woks, les brochettes grillent, dans chaque recoin on s'active. Partout des vieillards affublés d'incroyables lunettes et de cannes en train de jouer aux cartes, des femmes qui tricotent, épluchent des légumes, des enfants qui courent avec d'horribles petits chiens accrochés au bout de laisse. Des vélos chargés de pneus, de morceaux de bambou ou d'autres objets insolites circulent, des vendeurs d'oiseaux patientent. Partout la vie déborde, grouille, le mot est laid mais il correspond au sentiment que l'on retire de la fréquentation de ces ruelles. Je tente de m'acheter des chaussures, désespèrement, les tailles les plus grandes sont trop petites, ce qui pour qui connait ma stature peut sembler surprenant. He oui, ici je suis plutôt une grande, aux trés grands pieds...
Je rentre en longeant les douves ( il y a encore une muraille qui ceinture la vieille ville). Des gens jouent d'un instrument étrange à deux cordes et à archet, et chante partout de l'opéra chinois, douloureux à l'oreille pour un non-initié.
Je respire un grand coup. Ouf, derrière toute la laideur que ces villes exhibent du haut des immeubles, la vie bat son plein. Par ailleurs, j'ai une réponse d'un ouighour de Turfan, il accepte de m'aider à acheter des chevaux. Je n'ai jamais vu l'homme en face, il est professeur de langue à l'école du coin, et il est de famille ouighours ( les turcophones de l'ouest de la Chine), une bonne nouvelle en persective pour l'étape suivante! Je retourne à l'université, un camarade Kazakh, rencontré cet après-midi m'y attend pour un thé.

3 commentaires:

Patxi a dit…

Oooohhh ! AAaahhhh !!!
Je viens de découvrir ton blog, qui promet d'être passionnant. L'addiction me guette...
J'ai déjà l'impression d'y être (en Chine), et je refoule l'envie de donner à tous ces chinois une étreinte bien chaleuresue et fraternelle, "à l'italienne", en les bousculant,et en parlant fort, avec les mains.
Bon courage pour la suite.

Elsa Grether a dit…

Clara, je lis -non, je dévore!- tes textes, qui semblent danser sur l'écran tant ils sont vivants.
Tu écris super bien, merci de nous faire partager ton aventure qui s'annonce passionnante!
Ah'j'aimerais bien te rejoindre pour savourer un bon Mapo tofu ou mes raviolis préférés (Tchiaotzé-si j'écris d'après la prononciation!) L'instrument à deux cordes et archet dont tu parles est sûrement un ehru, violon chinois. J'ai récemment fait la connaissance de Liu Fang, merveilleuse joueuse chinoise de Pipa (sorte de guitare); on va peut-être jouer ensemble...
Je t'embrasse et te souhaite une très bonne continuation! Courage!
... et j'espère que tu trouveras chaussure à ton pied (au sens propre)!
Elsa.

LeVraiFrançois a dit…

Au fait, Clara, je ne t'ai pas dit mais je suis aussi à Xian en ce moment. Et oui, je n'ai pas eu le coeur de te laisser partir...
Les lunettes et l'opéra chinois ne t'ont pas mis la puce à l'oreille?
Tu n'as pas remarqué que j'avais raboté mon mètre quatre-vingt-sept pour mieux me fondre parmi la population locale?
Ce chanteur emmitouflé dans ces châles crasseux et versicolores, avec ses lunettes dévorantes et qui chante "Adieu ma Concubine" d'une voix de fausset, c'est moi !
Tu ne crois pas que j'allais te laisser partir aussi facilement?
Et si tu ne m'as pas vu à Xian, ce n'est pas grave. Mes lunettes "mange-visage" auront au moins le loisir de se désaltérer avec mes pleurs.

Prends bien soin de toi. A ton retour en France nous ferons un duo d'enfer !