jeudi 28 février 2008

Le trait juste

Picasso disait sans ironie qu'il n'y a rien de plus difficile qu'une ligne.
J'expérimente avec douleur l'épreuve du trait cet aprés midi, alors qu'un vieux chinois tente de me faire comprendre comment tracer le trait parfait à grand renfort de métaphores que je suppose poêtiques, mais auxquelles je ne comprends rien du tout, à part qu'il semble trouver déplorable que l'on m'ait laissée être gauchère...Je trempe le pinceau maladroitement dans l'encre de Chine, trace un hideux trait, vulgaire et grossier.... une heure plus tard et quelques centaines de traits ratés à mon actif, j'abandonne l'affaire pour la journée. Le trait parfait est sans doute le travail d'une vie, un savoir qui s'aquiert dans la perfection du geste, le contraire en un sens de l'accumulation de savoirs succints.
Plus tard, je continue mon exploration de la communauté Hui et Oighour de la ville, beaucoup viennent de là d'où je vais partir à pied, la région de Turfan, et je cherche les contacts, les bonnes informations, j'essaye d'expliquer en chinois que je cherche un bon cheval. Et il semble d'après un homme qui vient de Hami (ville voisine de Turfan), qu'un bon cheval coûte dans les 5000 yuans, ce qui nous fait 450 euros...J'ai hâte de le trouver le Bon Cheval. En attendant, je trace des traits, et ce n'est pas une mince affaire.

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