lundi 24 mars 2008

Aller vers l'ouest

Le train s'ébranle péniblemenent pour deux nuits et une grosse journée de route à travers la Chine. Aussitôt les chinois sortent les thermos, les nouilles et les bouts de viande séchée qu'ils ne cessent de machouiller. Bavards, les voisins de cabine se lancent vite dans des conversations inspirées dont je tente de glaner quelques mots. Bientôt la nuit, je m'écroule dans ma couchette entre le violon et mon bien trop lourd sac de voyage. Je prends garde à accrocher mon chapeau afin d'essayer de le préserver de la souffrance du voyage, vainement sans doute....Le matin c'est une vision d'un autre monde qui me réveille, une étendue de désert, de cailloux, de sable, recouverte cà et là par de fines pellicules de neige. De temps à autre un village qui semble abandonné , où errent quelques vaches maigres, apparaît derrière la vitre poussièreuse. Une immensité de rien du tout, rien d'autre que ce sol minéral, ce vide abyssal, et bientôt au loin d'immenses chaines de montagnes enneigées. Toute la journée durant, ces paysages lunaires se succèdent, sans relâche....A l'exception de quelques villes hideuses, sorties de nulle part, où le train stationne une longue demi-heure à chaque fois. Ambiance Far-west, c'est le cas de le dire...C'est donc çà le vaste et désert ouest chinois ?
Urumqi, quelques dizaines d'heures plus tard, la ville gigantesque déploie ses buildings au milieu de ce qui fut un vaste pâturage. Domination ostensible de la Chine qui légitime sa domination sur ces territoires à sa manière, la manière forte. Les montagnes apparaissent pourtant derrière les immeubles hideux, car c'est bien le mot pour décrire cette ville sans aucune âme.
Au coeur des rues pourtant, c'est bien un autre monde : Bienvenue en Asie centrale. Les ouighours donnent à la ville une teinte orientale. Curieux mélange que cet univers urbain à la confluence entre monde chinois, turc et arabe. Partout les inscriptions en caractère côtoient celles en arabe.Je suis bien en terre d' Islam. Partout la police lorgne les passants, une police chinoise bien sùr. Je me garde bien d'essayer de m'adresser à des ouighours en chinois, tant leur aversion semble grande, d'ailleurs, à chaque tentative, ils feignent de ne pas comprendre (je ne suis pas certaine que cela soit le cas...). Les moutons morts pendent aux étalages des bouchers, des serpents, lèzards et tortues trônent sur le comptoir d'un sorcier de quartier, et partout des noix, des gâteaux, des pains plats aux graines de sésame qui sentent fort l'Asie centrale et me réconfortent.
Rendez-vous avec Ahrmad, un ouighour qui va me servir de traducteur pour négocier l'achat du cheval. Nous partons demain pour les Tian Shan, là ou il y a de vrais bons petits chevaux.
Les nouvelles de ma part risquent d'être éparses à prèsent.

5 commentaires:

le cantonnier de Fontaine a dit…

j ai lu tous tes recits et je reconnais bien ta volonté;la meme qui te fait courir avec andy ;les gens que tu prends en photo ont l air d avoir confiance en toi ;pour la calligraphie je suis aussi gaucher et bloqué depuis 2 ans sur la premiere année de chinois par correspondance .bravo pour tout !!

anne-marie a dit…

Dès que tu pourras envoie nous des photos de ces paysages singuliers et de ton acquisition équine.

Anonyme a dit…

Merci Clara pour tes articles et tes photos. Ainsi, nous pouvons tous voyager avec toi !
Ce week-end, je me lance moi aussi dans la recherche d'un piano ! A suivre...
Take care ! nini

Patxi a dit…

question idiote, certes, mais est-ce des gateaux ou des biscuits ?...

Anonyme a dit…

mmmmmh, moi aussi je veux gambader! Clara fais attention fais pas un remake de midnight express en Chine je t'en prie. Et puis j'ai des scoops à te raconter ihih !!

LN