jeudi 13 mars 2008

De l'apprentissage.

J'ai toujours recherché avec une grande soif les gens qui avaient l'art d'enseigner.
L'art de donner à leur savoir ou leur discipline un éclat particulier, une vivacité, une truculence. J'ai appris avec avidité a l'école et j'y ai souvent déploré l'absence de réponse du côté des enseignants. Je veux dire par là que beaucoup n'avaient pas la capacité à répondre à la soif de savoir que beaucoup de gens possèdent et qui souvent est sous-exploitée. J'ai appris le violon, avec douleur et peu de talent mais j'ai résisté, j'ai appris l'équitation avec passion, j'ai appris un peu le chinois avec trop peu d'énergie,j'ai appris à courir dans la sueur et les larmes, j'ai appris, appris mes cours en prépa, j'ai appris parce que finalement c'est ce que j'aime. Mais j'apprécie peu les savoirs statiques et ce voyage est aussi pour moi l'occasion de faire de mes compètences et de mes connaissances, même lacunaires, mêmes imprécises, autant d'atouts. La musique devient alors un outil de contact, un langage et ce n'est pas tant le son qui sort du violon qui importe, que le fait de l'avoir avec soi, de pouvoir le prendre, l'accorder, sortir quelques notes...Ce n'est pas tant le nombre de mots de mon vocabulaire qui compte en chinois, mais le fait d'être capable de m'adresser aux gens dans leur langue. Ce n'est pas tant l'érudition qui compte que le fait d'être capable avec une phrase, le bon mot d'un poète, un aphorisme, de s'embarquer dans des délires poètiques, des réflexions ésotériques. Mon voyage rend ces apprentissages vivants. Le dernier en date fut une formation de maréchalerie. Ce fut une de mes grandes fiertés que de réussir à planter un clou correctement après m'être détruit quelques ongles, de voir le fer parfaitement posé sur le sabot bien paré après avoir enduré l'effort qu'implique cette tâche difficile. J'ai hâte de mettre moi-même les fers de mon cheval.

4 commentaires:

banette a dit…

clara, une homeriste qui s'ignore : "planter correctement un clou, voir le fer parfaitement pose sur le sabot bien pare..." voila exprime lámour de l'ouvrage bien fait si caracteristique des hommes d'homere, ces premiers voyageurs.
bises a lunettes

anne-marie a dit…

Instants grisants, lorsque ceux qui ont le goût du savoir croisent le chemin de ceux qui ont l'art d'enseigner. Si transmettre est une grande chose, apprendre est bien souvent synonyme de sacrifices.
L'enrichissement, quel qu'il soit, n'a de cesse pour ceux qui ont soif de connaissance.
Clara, tu as écrit là une très belle réflexion sur l'apprentissage.

François a dit…

...

Nerea a dit…

Tout est beau, tout. J'ai tout lu d'une traite, sans pouvoir m'arrêter.
Ce post ma va droit au coeur. C'est une chance d'accéder au savoir, et plus encore, d'en prendre conscience. J'ai assez tardivement appris à aimer m'enrichir de toutes ses merveilleuses productions de l'Homme que je ne percevais que d'un oeil curieux. Ce sont les voyages qui m'ont fait aimer l'Homme et son savoir.
Clara, tu es une vraie voyageuse.