samedi 19 avril 2008

La fin du chapitre ouighour

La température est douce, et le vent semble se calmer, alors que depuis deux jours Turfan est paralysée par une tempête de vent venue du désert.
Prisonnière de la ville en quelque sorte, cavalière en exil sans sa monture, j'ai pris le temps de me laver avec une vraie douche chaude et me reposer pour la première fois depuis un mois. J'ai sorti mon brave violon qui a lui aussi souffert du désert et de quelques chutes de cheval, et improvise un concert devant mon hôtel.
J'ai repensé aux semaines passées chez les ouighours, avec joie.

Finalement, ces péripéties, ces déconvenues, ces déceptions, ont libéré beaucoup de choses en moi. J'ai subitement réalisé que le pouvoir de décision n'était pas qu'entre mes mains, que le sort, bon ou mauvais, le destin, les hasards des chemins ne m'apporteraient pas que ce que j'avais escompté. Et cette prise de conscience m'a soulagée d'un poids énorme, celui de ma propre responsabilité dans ce qui m'arrive.
La route m'offre beaucoup, et les difficultés me font avancer à grandes enjambées.

Tout comme lorsqu'après avoir gravi une terrible côte, un terrain plat semble miraculeux au marcheur. Apres cette dure semaine, je jouis de la tranquillité de la soirée et des mes derniers instants en terre ouighour. Je suis paisible, me suis racheté un couteau (volé avec mes sous sur le bord de la route), et devant un verre de bière et quelques brochettes d'agneau, j'ai passe une sympathique soirée à rire et discuter en chinois avec de jeunes ouigours.

Tout ceci pour rassurer mes proches et ne pas dresser un tableau trop sombre d'une expérience dont je me réjouis chaque jour.

1 commentaire:

anne-marie a dit…

Chère Clara, qu'il est doux de te lire en ce dimanche soir. La paisibilité est là, présente à chaque phrase. Je t'imagine souriante et heureuse en terre ouighour. Te connaître, un jour, j'espère. Au plaisir de te lire prochainement.