vendredi 16 mai 2008

Du sacré qui vole au vent


Chaque fois c'est la même chose, la même fête qui se joue tout la haut. Chaque fois cette profusion de pièces de soie bruissantes qui dansent au rythme endiablé du vent de l'Amdo. Le vent, toujours, qui vous balaie le visage, et redouble de puissance après les rares accalmies, qui rougit les visages et façonne ces terres difficiles.
Chaque fois ces rares passants qui s'arrètent et envoient en l'air avec cérémonie, avec énergie des poignées de petits papiers multicolores, qui entonnent quelques chants dont les tremolos se diluent dans le vacarme des bruissements de tissus.
Arriver au passage d'un col a ici quelque chose de particulièrement joyeux. A la satisfaction d'avoir terminé l'ascension s'ajoute le sentiment que l'on vous fait la fête. Alors je me pose là, quelques minutes malgré le vent, malgré le froid à plus de 4000m, et je regarde la vallée de l'autre côté. Je me laisse happer par la danse enfièvrée des rubans de soie.
Le même jour, arrivée au monastère, j'entame une partie de foot avec quelques jeunes moines, dans une joyeuse pagaille. Quelques pèlerins tournent en rond autour du monastère, quelques gamins jouent dans le sable.
Le sacré est ici omniprésent, à chaque col, mais aussi au détour de chaque vallée, dans chaque maison, et il est parfaitement intégré dans le quotidien. Pas un geste, pas un acte de la vie courante, qui ne soit empreint de rites, auxquels on ne confère un sens.
Nous repartons ce matin pour de plus hauts horizons, direction l'Amnye Machen, la troisième montagne sacrée du Tibet, la terre des Goloks, ces nomades qui vivent sous tente et que j'ai déjà commencé à fréquenter. Nous repartons le coeur léger, en attente de la prochaine fête au sommet.

6 commentaires:

anne-marie a dit…

Que c'est bon de te lire et de s'imaginer dans ton sillage. Te voilà au coeur de ce que tu pensais trouvé et vivre dans ce voyage. On te sens sereine et heureuse, bien loin des déboires vécus. J'ai trouvé un proverbe tibétain : "Quand tu arrives au haut de la montagne, continue de grimper". Il résume bien ton quotidien.

Pepe a dit…

Namaste belle ! Comme c'est beau et loin toutes ces histoires. Je pense qu'a ton retour les contes de julie pourront prendre une note tibettaine ,digne d'une petite cousine. Plein de bises douces d'une france orageuse. Pepe

Anonyme a dit…

Clara je suis heureuse de lire que tu progresses toujours plus loin dans ta decouverte des civilisations lointaines au propre comme au figure! En Mongolie le meme vent me balaie le visage chaque jour en m'enveloppant de tourbillons de poussiere et je partage tes sentiments: un melange de joies, peines et etonnements face a des peuples oscillant entre hospitalite et hostilite. C'est la Vie! Heureusement l'Art est la.
Big bisous Patricia

Anonyme a dit…

Clara,

je me souviens de cette exclamation de joie thibétaine qui s'utilise à chaque passage de col et que j'ai trouvé dans un livre d'Alexandra David-Néel : "Lha gyalo !" Les dieux ont triomphé.

bise, nini

lottery winners a dit…

Yutarets! kasagad bah!

florian a dit…

ouh il est content le cheval ouh lala