samedi 3 mai 2008

Un vent de printemps

De souffle en bourrasques, de rafales en tornades, le vent grossit, grandit, s'épend dans le paysage à mesure que les heures passent. Eole, reticent, commence à renacler à aller de l'avant, face à ce monstre qui nous balaye crins et cheveux, et nous repousse de côté à chacun de nos pas. Zéphir, cheval guerrier continue d'avancer tête haute. Il m'en a fait voir de toutes les couleurs cette semaine: deux escapades et fuites épiques, qui m'ont conduit à le poursuivre sur la route en moto derrière un tibétain aux allures de cow-boy, puis à cheval à travers les prés...avant que cette tête brulée de cheval ne saute une clôture plus haute que lui. Il me faudra l'épuiser de fatigue en le poursuivant dans une rivière,qu'il remonte en nageant hardiment, pour le récupérer....Mais l'animal à les qualités de ses défauts, et il est inarrétable, même par grand vent. A 4700m d'altitude, il faut dire que ce vent est glacial, et que stoppée par une arrête rocheuse, je commence a désespérer. Il est ou ce chemin dont parlaient les tibetains, et qui permettrait de franchir la montagne, évitant 4 jours de marche sur la route? Nous avons du mal à nous comprendre, et il me faudra deux nuits de bivouac à plus de 4000m et une journée et demi de marche pour retourner au dernier village. Il faut dire que mon entreprise était plus qu'hardie, les tibétains ne nomadisent dans les montagnes qu'à partir de juin tant le climat est encore rude en mai...je ne l'apprends qu'en redescendant. Adoptée provisoirement par une famille tibétaine, je passe l'après-midi de maison en maison à boire du thé au lait, et parfois au beurre rance ce qui est déjà moins drôle. Les tibétains se révèlent beaucoup plus acceuillants depuis que je suis a cheval, crasseuse et décoiffée. Il faut toujours arriver sur sa monture en terre de cavalier, voila pourquoi même les journées où je ne mets pas les fesses en selle, je chevauche mon cheval pour arriver dans les villages, et susciter le respect.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

si Zephyr s'echappe, tu m'etonnes que ca doit souffler ;) !!
je suis ravie que tu aies donné ces noms a tes poneys, et que tu parcours l'odyssée en meme temps que le tibet. J'en relis des passages tous les jours (obligée...), et maintenant Eole et Zephyr, les deux grands messieurs des vents, ressemblent à des shetlands... c'est malin !
bisous :)
banette

anne-marie a dit…

coucou clara, me revoilà de retour.je viens de prendre connaissance de tes nouveaux écrits...ça va je n'ai pas trop de retard sur ton Aventure. J'aurais bien voulu te voir, assise sur cette moto derrière ce tibétain aux allures de cow boys. La scène pourrait être celle d'un des épisodes d'Indiana Jones.
bisous