samedi 28 juin 2008

L'Amérique lumineuse

C'était le 22 mars, je disais en revoir d'un signe de la main à Peter le slovaque, à Ania la belge et Xavier le francais, mes compagnons de Xian. C'était le 22 mars et depuis je n'avais croisé en tout et pour tout qu'un seul occidental, un anglais, et encore, en ville. On peut dire que je suis passée loin de la horde des touristes, et même des voyageurs au long cours dont je n'ai vu l'ombre.

Alors je dois dire que je leur aurais bien sauté au cou à ces deux américains sortis tout droit d'un mirage me sembla-t'il lorsque je les ai aperçu à la porte du monastère.

Et pas n'importe quels américains, deux joyeux allumés, qui ont dans les yeux cette lueur étrange, cette vivace flamme, celle qui habite ceux qui reviennent de loin et que l'on croise dans le yeux des alpinistes qui ont caressé l'épure des sommets, des marins, des marcheurs, des coureurs aussi. L'un finit sa thèse sur les confins tibetians du monde chinois. Et, ajoute-t'il "c'est ici que tout se joue, car nous sommes dans un espace ambigue, fluctuant, qui est aussi proche de la Chine de Beijing que de Lhassa, qui cherche sont identité et qui pourtant est marquée par une culture tibetaine brillante. C'est d'ailleurs là que les mongols arrivèrent pour prendre le Tibet...." et de continuer tard dans la nuit sur des questions qui me passionnent. J'ouvre grand les oreilles, avale ces paroles. L'homme parle trois dialectes tibétains et chinois.

Le second n'est pas moins brillant, et maîtrise quatre langues européennes, il étudie le boudhisme tibétain et vient passer quatre mois dans un camp de nomades.
"Ce sont des amis, cela fait trois ans que je viens, malheureusement, en octobre je dois rentrer au Kansas"

L'Amérique lumineuse au détour de l'Amdo, il ne m'en faut pas plus, je suis sereine et repars pour les derniers jours avec les chevaux.

Quand vous aurez de mes nouvelles, je serais redevenue piétonne solitaire.
Joyeuse fin de périple.

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