mercredi 30 juillet 2008



Terre des Yi





Terre des Yi











La terre des Yi est verte, ce vert profond qui habille les rizières, les bambouseraies, les plantations de mangues, un vert si vif qu'il éblouit.
Les vêtements des Yi sont dominés par le bleu, parfois profond, parfois vif, toujours orné de broderies breloques et bijoux, et agrémentés de couvres-chef parfois imposants. Comme chez tous ces peuples de Chine qui vivent leur culture avec force, c'est d'abord le vêtement qui permet d'affirmer une identité.
Mais la terre des Yi est rouge aussi, le rouge de cette boue gluante qui colle aux pieds.

Un peuple coloré, à l'écriture étrange, semblant tout droit sorti d'un conte. Un peuple d'elfes, de fées des montagnes, telles ces petites vieilles qui escaladent les versants, affublées d'énormes paniers de paille tressés, de leurs petites jambes usées par les âges. Telles ces jeunes beautés qui déambulent fières sous leur ombrelles jaunes, faisant tinter les bijoux de leur chapeau. Un peuple de terrien aussi, qui vit à même la boue dans les cours humides des fermettes grouillantes de volailles, cochons noireauds et buffles paisibles.

Terre des Yi, à l'écart des routes et des vastes villes de l'est, dans une Chine schizophrénique qui ne sait plus où est le juste milieu entre l'ultra-urbanité et tous ses maux, et l'ultra-ruralité. Pardonnez pour ces termes peu francais, mais ils me semblent bien définir le paradoxe chinois et je m'expliquerai....après les 22 heures de bus qui m'attendent pour rejoindre le Yunnan.

mardi 29 juillet 2008

Eprouver la promiscuité

La promiscuité.

J'ai compris subitement toute la charge que contenait ce mot.
"Il est associable, il ne supporte pas la promiscuité des autres".. facile à dire.
Mais qu'est ce que la promiscuité, sa nature triviale, quelles sont les multiples formes qu'elle revêt.
J'ai appris en Chine à ravaler ma pudeur, à ravaler mon désir de tranquilité et surtout ma réticence, naturelle dans certains cas, pour l'Autre.
Nul ne pourra m'affirmer que c'est une question de tolérance: se frotter à l'altérité radicale provoque toujours des réactions étranges, et parfois un rejet que seule la culture et l'éducation permettent d'endiguer.
Ainsi je ne me comporte pas à l'égard des chinois, pointant du doigt les autres en m'exclamant, "les étrangers", je ne fixe pas les gens avec dégoût, du moins j'essaye et je souris même, au moins engageant. Mais cela par ce que l'on me l'a appris.

Et pourtant la promiscuité est parfois douleureuse.
Ce sont les corps qui se heurtent dans les rues bondées des villes, qui se frôlent ou se cognent, qui se bousculent pour se frayer chemin.
Ce sont les corps qui se compriment les uns aux autres dans la file interminable devant les guichets des gares, et où l'on n'échappe pas à ce contact rapproché si l'on veut obtenir son billet.
Les corps qui luttent.
Les corps qui se touchent encore dans les bus trop petits et trop sales. Et ces corps sont ceux de l'Autre. Un autre qui parfois mange la bouche grande ouverte une aile de poulet odorifère, qui crache, qui postillonne, qui sue, qui sent fort, un autre parfois couvert de crasse. Un autre dont les vêtements élimés n'ont pas connu beaucoup de lessive et dont les dents pourries mériteraient plus de soin.

Un autre qui parfois révulse lorsque le corps à corps contraint vous fait entrer violemment en collision avec la triviale réalité des organismes soumis à rude épreuve, lorsque la découverte de la Chine à hauteur d'homme vous met face à la dure réalité d'une culture qui n'envisage pas forcément l'hygiène, la politesse ou ces évidences à nos yeux, sous le même angle.

Un Autre qui vous renvoie à votre propre trivialité et à la difficulté d'affronter la différence. Un Autre qui vous rappelle sans cesse que malgré les efforts, vous aussi êtes "L'Autre", que vous aussi dégoûtez parfois. Ainsi cet homme qui me fixa d'un air révulsé en montant dans le bus, prenant soin de s'asseoir au plus loin de moi.

Et puis la promiscuité c'est aussi celle que les autres recherchent en votre compagnie, en la compagnie de "l'étranger". Tous ces gens qui viennent s'asseoir à mes côtés lorsque je mange, me fixer, qui me pointent du doigt, rient et commentent mes déambulations. Ceux qui tiennent à marcher dans la rue à mes côtés, me piétinant presque en voulant être tout près de moi. Ceux qui se penchent sur mon épaule lorsque j'écris, en s'appuyant sur mon dos, ceux qui viennent dans ma chambre, ma tente même, pour m'observer.

Celles qui tiennent absolument à me suivre au toilettes, qui n'ont généralement pas de porte, car après tout, peut-être que l'étrangère n'est pas comme elles...

Curiosité non malveillante, mais qui s'avère pesante souvent.
Sentiment d'être quelque chose d'exotique, voir de parfaitement étrange ou terrifiant.

Sentiment que ma propre humanité est mise en question.

La Chine m'a imposé cela, elle m'a appris aussi, à aller au delà. A manger sous les regards scrutateurs, à me coucher en sachant que peut être un gamin veillait par le trou de la serrure, à me promener en sentant tous les regards se poser sur moi. Et en ce matin de juillet, dans ce village Yi à flanc de montagne, je sens bien que mon arrivée fait évènement, et que ma présence crée la pagaille. Je sens bien que je suis pour toujours l'"Etrangère"

samedi 26 juillet 2008

Au marché chez les Yi...et le mystère du Dahuoba.







Des visages nouveaux





Me voici en pays "Yi". En témoigne ces photos d'un marché coloré.
Mais qu'est ce qu'un Yi ? Je l'avoue sans peine, avant de me confronter à ces visages, ces vêtements colorés, ces coiffures et ces odeurs nouvelles au marché, je ne m'étais jamais demandé ce qu'était un Yi. C'est une des minorités chinoises qui est ici majoritaire, paradoxe. Et dont la langue appartient à la branche tibéto-birmane, dont la religion est matinée de chamanisme et la culture vivace.
Voila une approche simpliste de ce peuple chez qui j'ai "atterri" hier.
Et depuis mon arrivée, un mystère pointe cependant, le "dahuoba".

Dans la rue, les gens visiblement intrigués de ma présence se cachent le visage dans les mains et rient comme des enfants, m'interpellent, ou me pointent du doigt, et surtout me demandent la raison de ma venue.
"Tu es là pour le "dahuoba"?"......le quoi ?
Je comprenais finalement que commence ce soir (dans une heure maintenant), la plus grande célébrité de l'année "le festival des torches" où pendant cinq nuits les Yi font bruler des torches, dansent autour de grands feux et chantent, sacrifient des bêtes, le tout pour effrayer les démons m'ont-ils expliqué...
La suite après les festivités....

Quand au marché : Vous prendriez bien un petit pied de cochon?
Ou quelques larves, elles gigotent encore, voyez comme elles sont vigoureuses!
Du piment ? (que serait le Sichuan sans piment ?)
Allez, sinon on vous vend un beau gros canard pour pas cher...

"heu..je vais prendre un petit pain au sucre..."

vendredi 25 juillet 2008

Altérité

Xichang, matin brumeux, petite bourgade paumée du Sichuan.
Je cherche un endroit pour aller poser mon sac et me promener autour du lac.
Le lieu est imprégné de la culture Yi, l'ethnie dominante ici, et des femmes en tenue colorée arpentent les alentours du marché, cherchant quelques touristes à poursuivre la main tendue...où, quand la culture ethnique se prostitue au propre et au figuré au tourisme de masse, c'est ici le fait des chinois eux-mêmes.
D'ailleurs toutes les mains se tendent vers moi,les doigts se pointent et j'entends résonner des "laowai" (étrangère) tous les dix mètres.
Regards fixes, parfois bienveillants, souvent durs, "regarde l'étrangère, elle n'est pas comme nous, regarde son nez, ses yeux..."
Première tentative de prendre une chambre dans un hôtel miteux...je demande au type le prix de la chambre, et il me regarde avec un air révulsé, agitant sa main devant lui pour se protéger d'une éventuelle contamination, et me fait signe de partir comme on repousserait un chien. Je le regarde fixement et lit à voix haute la pancarte crasseuse affichée sur la bâtisse crasseuse dans cette rue crasseuse..."HOTEL, c'est bien ça non ! " dis-je en hurlant presque tant sa réaction me fait mal. Cette réaction de rejet brute, de racisme primaire qui ne s'embarrasse pas ici de bienséance. Pas d'étranger chez lui. "Crétin" dis-je, histoire de me soulager, et je m'éloigne sous les regards avec toute la dignité dont je suis capable, avec toute la solitude dont l'hostilité m'accable.
Deuxième tentative...et réaction similaire.

Révulsée, je m'assoie sur un banc et croque une pomme en silence, jusqu'à ce qu'un type puant et édenté vienne tenter de discuter dans un chinois que je ne comprends pas, insistant pour m'inviter chez lui, me complimentant éhontement. Me voici tombée sur le Don Juan le plus repoussant de la ville.

Quelque fois, la Chine me fatigue.

mercredi 23 juillet 2008

PS: 26 le 26.

Bon anniversaire à ma Chevrette folle autrement nommée Juliette Micheline, et bise à la Tigresse du Bengale

Pas devant...dans les toilettes.

L'Emei Shan, à coup de bambou.

mule porteuse dans l'emei shan

Le sommet d'Or

La forêt dense

détail de monastère (boudhisme zen)

pélerins au repos

moine à l'entrée du monastère

porteur ensommeillé

pèlerins

après la pluie

arrivée au monastère après une journée d'ascension

de quoi se régénérer

attention danger, singe méchant

Armée de mon bâton de bambou, mon sac sur le dos, empli de vivres et d'eau fraîche, me voila prête à marcher de bas en haut, puis de haut en bas, ascension et redescente de l'Emei Shan. Cette montagne sacrée du boudhisme chinois attire des milliers, des centaines de milliers peut être, que sais je des chiffres dans cette chine surpeuplée, de pèlerins et touristes, avides de spiritualité. Pèlerins, colporteurs, porteurs, seront mes compagnons de route sur le chemin du sommet, un interminable escalier de pierre qui fraye un chemin à l'homme au milieu de la dense forêt sub-tropicale qui recouvre la montagne.

Et je décide de prendre la route la plus longue, la plus alambiquée, afin de me perdre en chemin dans les monastères les plus reculés, et de savourer un peu de tranquilité.

Au moment de partir, je fais une étonnante rencontre avec celui que je nommerai ironiquement "professeur" et qui m'accompagnera trois jours durant. Le voyage a cela de fabuleux qu'il permet d'accélérer les rencontres. Trois jours d'une amitié éphémère au bout du monde, une évidence, une histoire limpide et lumineuse, fugace et profonde. Mikael a 58 ans, c'est un allemand grand et incroyablement maigre, qui semble chanceler à l'arrêt mais se révèle d'une résistance incroyable une fois en marche. De sa vie j'apprendrai des pans entiers, entre de longs moments d'ascension silencieuse, laissant s'installer une entente rare. Il me contera son enfance dans une famille rigoriste, la fuite à 16 ans et le vent de révolte qui le mènera a Pokhara. Le Népal en pleine période Hippie et son dégoût face aux cafés emplis d'occidentaux "stone des 9h du matin, ils restaient là des semaines durant à fumer la mauvaise ganja que vendait les népalais morts de rire". La fuite encore, les cheveux qu'il fit couper court et l'étude assidue du Hindi puis du sanscrit pour revenir aux sources du boudhisme. Sa grand-mère qui l'aidait financièrement et son retour à l'Allemagne à 19 ans.
Il raconte sa chambre humide où le plafond moisissait et une jeune fille de 17 ans rencontrée au bas de son imeuble, elle aussi partie de chez elle. Il dit son amour, fou et instantané pour cette frêle jeune femme et l'enfant qu'ils eurent neuf mois plus tard. Puis cette vie de galère, pour lui qui voulait "étudier toute sa vie". Des bourses d'études péniblement gagnées jusqu'a 34 ans pour finir un doctorat de chinois classique, et de japonais et chinois moderne. Un livre entamé sur sa vie en Inde, les années passant et le doctorat de chinois qui s'éternise.
Deux enfants plus tard, une passion dévorante pour l'astronomie chinoise le mène à Taiwan finir ses recherches.
La thèse n'aboutira pas, et il a laissé en chemin femme, enfants, pour une indonésienne de passage, et surtout confiance et dignité. De retour en Allemangne, approchant la quarantaine, il cherche à repartir à zéro, gagne de quoi survivre en publiant enfin son livre sur l'Inde, et se lance dans l'apprentissage des langues latines : français, qu'il entretient en lisant le Monde chaque jour, espagnol, italien, roumain....dix ans plus tard, il se retrouve dans le sud de l'Italie, à bout de force, souffrant de la cécité de son oeil gauche à cause du surmenage.
Il fuit alors, une vie de fuite entre les livres et les exils, et part s'installer dans une grotte dans le sud de la Sicile. Il vit de peu en ermite et dit avoir vécu une expérience mystique, vu une lumière.
"Ne me demande pas pourquoi, mais j'ai su soudain que tout n'était que lumière, ce que tu vois la n'est que....surface" Il revient alors au boudhisme et retourne en Chine, vingt ans plus tard, cette année. En pleine étude du tibétain classique, dans son bureau de Chengdu, il vient tous les week end dans l'Emei Shan dont il est tombé amoureux. "Après ma femme, je n'aimerai plus de femme, mais j'ai cette montagne".

Cheminant, il me montre les plus beaux papillons vêtus de bleu vif, il me montre les cigales grosses comme un pouce dont le grésillement est assourdissant, et les feuilles qui semblent chanter au vent léger. Il me mène voir les caves des ermites et me traduit les poèmes en chinois classique écrit aux murs des monastères de bois rouge. Il me confie sa vie et ses secrets comme un témoignage, celui qu'il n'a pas offert à ses enfants.
Celui qu'il ne partage plus avec personne car ses années d'ermitisme en Italie l'on mené aux confins de la folie. J'écoute, je bois les paroles qui résonnent en moi, car malgré nos vies diamétralement opposées, nos âges et nos expériences qui nous séparent, quelque chose de cette homme résonne en moi. Au fond de son oeil aveugle, se mêle désespoir et passion, avidité a vivre et résignation face à l'insatisfaction qui sera toujours celle des puristes. Il y a une intransigeance qui frôle le rigorisme, et un désir d'agir et de vivre avec intensité qui masque mal l'angoisse qui l'engendre. Il y a passion et folie.
Nous parlons de course à pied, et pour la première fois, j'entends quelqu'un qui envisage comme moi cette activité physique : sur un mode spirituel plutôt que sportif. " Quand je cours ce n'est qu'une longue méditation".

Il fait si chaud et humide que la sueur coule le long de nos fronts, de nos dos, de nos jambes, trempe nos vêtements et assèche nos corps qui peinent, marche après marche, dans cet escalier sans fin. Bientôt le tonnerre gronde et c'est une pluie diluvienne qui s'abât sur nos têtes. Les éclairs zèbrent le ciel avec une intensité et une fréquence qui donne à ce décor végétal des airs de fin du monde. Le tonnerre assourdissant nous empêche de parler, la pluie coule en cascade le longs des troncs énormes des arbres, inondant les fougères et les plantes, noyant cet océan de verdure impénétrable. Les macaques, particulièrement agressifs et dangereux, rentrent se cacher dans le tapis de verdure, tandis que nous continuons de marcher.
Exaltée, je hume l'air humide et tiède qui exhale des relent d'humus. Nous arrivons au monastère le plus proche, niché au coeur de la forêt et demandons deux chambres pour ce soir. La nuit tombée, la pluie continue de déverser des trombes d'eau, comme si le ciel offrait tout ce qu'il possédait, vomissait sa colère. Les éclairs font se dessiner les silhouettes des grands arbres, majestueux et angoissants. Je dors d'un sommeil apaisé, emportée par des rêves d'envol.

Le lendemain, Mickael est parti dans la nuit pour rejoindre son bureau et c'est seule que je poursuis l'ascension, accompagnée de quelques pèlerins avec qui j'entame de temps à autre des brèves conversations, ne comprenant rien à leur dialecte. Je m'arrête de temps en temps dans les cabanons qui surplombent les marches pour boire un thé, ou manger un plat de légumes et au troisième jour, j'arrive au "sommet d'or", sur lequel a été bâti un temple d'or. Pour les pèlerins, c'est l'exaltation, et tête au sol les voici qui vivent un immense moment de leur vie. Pour moi c'est le soulagement, ces marches ont une fin...

Il ne me reste plus qu'a les redesendre....

Chine, la rue joviale









Cela fait partie des choses que j'aime en Chine : la rue.
Elle est le lieu de vie de tous et de chacun, on y danse, on y boit le thé, lave son linge, se dispute et se déclare. On y rit et on y meurt.
Découvrir la Chine à hauteur de trottoir.

vendredi 18 juillet 2008

L'aventure urbaine

L'aventure urbaine, oui, "l'aventure" ...
Dans la ville, étuve, l'aventure.

Il y en a qui naviguent comme des poissons dans l'eau à travers les cités du monde, dans la chaleur de l'été, pour moi, c'est une autre histoire.
Je me suis accoutumée sans aucun souci aux 4000m du plateau, à la neige, au vent, au silence, mais à peine en ville et me voilà affublée d'une angine carabinée, le nez qui goutte, le front brûlant. La ville chinoise est une lutte continuelle.

Juchée sur un petit vélo orange, je décide de rejoindre le parc du Peuple, et la statut bienveillante de Mao qui surplombe le centre commercial, Mac Do, Starbuck, Carrefour, et puis Dior, Armani, c'est ça la société qu'il souhaitait ?
Me voici lancée dans la voie, au milieu de la foule compacte des solex, vélos, scooters. Je suis le rythme, emportée par la marée, quand soudain vient le moment de tourner à gauche. Je réalise bien vite la difficulté de la manoeuvre.

Il faut avoir un certain degré d'insouciance pour se lancer ainsi en travers de la masse des autres cyclistes et leur couper la route. Il faut avoir une certaine autorité aussi. Je me lance, avec terreur, et manque de heurter un vélo chargé de caisses de litchis, braque à gauche le guidon, esquive un scooter où repose trois fillettes rieuses, bondis vers l'avant en heurtant une femme en robe blanche. Klaxonnant à tout rompre, je m'engage dans la rue.

Me voici sur la bonne route. Ouf.

Les terrasses des maisons de thé, l'indolence paisible des buveurs attablés sur leurs chaises de bambou, goûtant une sérénité toute relative. Car tout autour c'est l'activité bruissante du parc qui règne. Au coeur d'un rideau de végétation, des chinois entament une valse au son d'une petite radio. Plus loin ce sont vieillards ventrus, femmes en tenue de gym et gamines qui viennent assister à un cours de danse collectif et s'agitent en rythme sur une version techno de Vivaldi à vous faire hurler d'effroi le moins mélomane des francais. A l'ombre des feuillages quelques vieillards font leur Tai Chi, les yeux clos, leurs vieux membres exécutant avec lenteur les mouvements.

Un homme m'interpelle " Tu vas aller au Jeux Olympiques ?
-Non
- Tu devrais, sais- tu que la dâte d'ouverture est le 08/08/08, c'est un chiffre fabuleux"....
Les chiffres, leur symbolique. Les gens en Chine choisissent leur numéro de téléphone à l'achat de leur portable, et le prix est fonction du numéro ... Les mauvais numéros sont gratuits ! Certains payent des fortunes pour n'avoir que des 6, des 8 ou des 9. La Chine contemporaine, dans son délire de modernisation, est toujours baignée dans des superstitions et des symboles qui nous échappent.

Je retourne à mon thé dans lequel flotte des chrysanthèmes... et là dans la chaleur de la ville, je regrette mes chevaux, leur odeur et ces hennissements qui m'acceuillaient au sortir de la tente. Faut-il que ce soit si dur de redescendre sur terre?