vendredi 18 juillet 2008

L'aventure urbaine

L'aventure urbaine, oui, "l'aventure" ...
Dans la ville, étuve, l'aventure.

Il y en a qui naviguent comme des poissons dans l'eau à travers les cités du monde, dans la chaleur de l'été, pour moi, c'est une autre histoire.
Je me suis accoutumée sans aucun souci aux 4000m du plateau, à la neige, au vent, au silence, mais à peine en ville et me voilà affublée d'une angine carabinée, le nez qui goutte, le front brûlant. La ville chinoise est une lutte continuelle.

Juchée sur un petit vélo orange, je décide de rejoindre le parc du Peuple, et la statut bienveillante de Mao qui surplombe le centre commercial, Mac Do, Starbuck, Carrefour, et puis Dior, Armani, c'est ça la société qu'il souhaitait ?
Me voici lancée dans la voie, au milieu de la foule compacte des solex, vélos, scooters. Je suis le rythme, emportée par la marée, quand soudain vient le moment de tourner à gauche. Je réalise bien vite la difficulté de la manoeuvre.

Il faut avoir un certain degré d'insouciance pour se lancer ainsi en travers de la masse des autres cyclistes et leur couper la route. Il faut avoir une certaine autorité aussi. Je me lance, avec terreur, et manque de heurter un vélo chargé de caisses de litchis, braque à gauche le guidon, esquive un scooter où repose trois fillettes rieuses, bondis vers l'avant en heurtant une femme en robe blanche. Klaxonnant à tout rompre, je m'engage dans la rue.

Me voici sur la bonne route. Ouf.

Les terrasses des maisons de thé, l'indolence paisible des buveurs attablés sur leurs chaises de bambou, goûtant une sérénité toute relative. Car tout autour c'est l'activité bruissante du parc qui règne. Au coeur d'un rideau de végétation, des chinois entament une valse au son d'une petite radio. Plus loin ce sont vieillards ventrus, femmes en tenue de gym et gamines qui viennent assister à un cours de danse collectif et s'agitent en rythme sur une version techno de Vivaldi à vous faire hurler d'effroi le moins mélomane des francais. A l'ombre des feuillages quelques vieillards font leur Tai Chi, les yeux clos, leurs vieux membres exécutant avec lenteur les mouvements.

Un homme m'interpelle " Tu vas aller au Jeux Olympiques ?
-Non
- Tu devrais, sais- tu que la dâte d'ouverture est le 08/08/08, c'est un chiffre fabuleux"....
Les chiffres, leur symbolique. Les gens en Chine choisissent leur numéro de téléphone à l'achat de leur portable, et le prix est fonction du numéro ... Les mauvais numéros sont gratuits ! Certains payent des fortunes pour n'avoir que des 6, des 8 ou des 9. La Chine contemporaine, dans son délire de modernisation, est toujours baignée dans des superstitions et des symboles qui nous échappent.

Je retourne à mon thé dans lequel flotte des chrysanthèmes... et là dans la chaleur de la ville, je regrette mes chevaux, leur odeur et ces hennissements qui m'acceuillaient au sortir de la tente. Faut-il que ce soit si dur de redescendre sur terre?

4 commentaires:

Florian a dit…

Que de changements, tous ces deux roues à vives allures. Y a t'il des règles de circulation dans le flux permanent de ces véhicules ou bien est-ce l'anarchie totale? Je me sentirai seul, invisible dans toute cette population, cela ne doit pas être facile pour toi.

Anonyme a dit…

Tu as quitté le monde des Dieux pour celui des hommes, est-ce un bon troc ? Rien n'est moins sûr !
Comme le dit l'intro du film "La Haine", le plus dur ce n'est pas la chute, mais l'atterrissage !
Concernant leur superstition, elle est bien réelle, je n'ai dormi que dans des chambres avec le chiffre 7 qui signifie "mort". Je ne me suis jamais aussi bien porté. Bonne route !

anne-marie a dit…

Peut être faut-il vivre cette vie bruyante et ce fourmillement humain démesuré pour mieux apprécier le silence et la solitude des hauteurs terrestres.
En tout cas, ton aventure continue pour notre plus grand plaisir.
bises

Anonyme a dit…

Bonjour Clara
Ou en es-tu dans ton periple chinois?
Je suis a Shanghai jusqu'au 7 aout si cela te dit de venir nous voir tu es la bienvenue bien que ce soit une tres grande ville!
Puis je repars en Mongolie.
Big bisous
Patricia