lundi 7 juillet 2008

Un parfum de beurre rance et de nostalgie

Ce sont les dernières déambulations dans Yushu. Les dernières effluves du Tibet.
Ce sont ces femmes ornées de bijoux et de perles à ne plus pouvoir en tenir debout, ces chapeaux, ces santiags, ces allures incroyables. Les mendiants terrifiants de crasse qui prient tout haut, les moines déambulant en se tenant par la main. C'est l'effluve du beurre rance, des nouilles pimentées s'échappant des échoppes, les marchés croulants de soie multicolore, de manteaux brodés et autres tenues locales.
C'est Ben, le grand australien à la démarche malhabile qui revient de la frontière sichuanaise après avoir rencontré la police. Dernière soirée, un goût un peu amer car être obligé de rebrousser chemin acculé par la police et l'armée chinoise n'est pas très drôle. Je goûte l'air frais des montagnes, le ciel bleu moucheté de cumulus, je bois cet air si pur comparé à celui de la ville qui m'attend à l'issue de mes 25h de bus....Le bus en Chine se transforme souvent en karaoké, et les chinois chantent à tue tête avec le téléviseur qui diffuse les clips des derniers tubes. Un enfer pour les oreilles.

Je bois l'air comme un marcheur sorti du désert, gouluement, avidement.
Je sens encore toute proche, la présence des chevaux.

Qu'ai je compris au Tibet? Pas grand chose, et c'est une autre Chine, emplie de mystères qui m'attend au tournant.

Alors que la partie équestre de mon périple s'achève, je tiens à dire merci a ceux qui m'ont rendu capable de cette expédition:

Patrick Fortier avec qui j'ai appris a ferrer les chevaux, ce fut par ailleurs une belle rencontre, avec un homme, avec un monde si riche, celui de l'artisanat. J'ai aimé apprendre à faire quelque chose de mes mains.

L'atelier Guichard sellier pour le bât que portait Eole et qui a été parfaitement adapté à son usage, a resisté au froid, à la pluie, aux roulades du cheval parfois...

A Stéphane et Véronique Bigo qui m'ont accueillie et conseillée, alors que mon projet n'était qu'une ébauche.

A Jacqueline Ripart, grande voyageuse, à qui je peux raconter mes projets sans crainte qu'elle n'en rit, car elle le sait, tout est possible.

A Adamo Walti, Paul Loiseau, Anne De Lasalle, ces gens de chevaux que j'ai toujours aimés, côtoyés, avec leur sensibilité et leur rudesse.

2 commentaires:

anne-marie a dit…

clara, ne change pas, reste authentique et grande comme ces montagnes d'où tu viens.

Florian a dit…

Bonjour Clara,
J'espère que tu pourra raconter tes récits de voyage dans un livre. Je pense que tu as encore énormément de chose à dire, à écrire. Plein de souvenirs et d'anecdotes à faire partager au monde.