jeudi 7 août 2008

Casino versus Vieux quartiers portugais bis





Macao ne s'est tout d'abord pas offert à moi sous les meilleurs auspices...Après un périple de plus de trente-cinq heures de train et bus divers me voici enfin au sud-est de la chine. Après avoir expérimentée les tempêtes de sable de l'extrême nord ouest, me voici en plein tropique sous la foudre d'un typhon....au terme d'une queue interminable je gagne le poste frontière qui me permet de rejoindre Macao et Hong Kong.....et donc de sortir de Chine de manière définitive car en quittant le continent je mets fin à mon visa. Quelques minutes plus tard, comprenant hébétée que la fin est là, à quelques pas de l'océan pacifique, je me retrouve dans les rues de Macao, sous un torrent de pluie chaude et lourde. Le vent est si violent qu'il arrache mon parapluie orange qui pend lamentablement. Je sors alors mon attirail de guerrière: un sac poubelle...dans lequel j'emballe mon sac, et c'est chargée comme un chameau, vêtue comme une souillon et épuisée que je gagne les rues étroites de Macao.
Je comprends vite que je ne vais pas pouvoir aller bien loin sans la monnaie locale...le Pataca. Me voici en quête de Pataca alors que la nuit tombe et que les bureaux de change sont fermés. Je finis par trouver une espèce de petit escroc local qui m'échange quelques Pataca sous le manteau, et me mets en quête d'un hôtel.
Je vous épargne la description de ce qui fut une quête éreintante et interminable d'une chambre bon marché...après deux heures d'errance humide, le dos en miettes, je me pose au sol sur mon sac, résignée à ne pas payer un prix délirant pour la nuit, quitte à dormir ici, dehors, après tout j'en ai vu d'autres me dis-je.
C'est donc au bord de la crise de larmes qu'un jeune allemand au regard sympathique me récupère et m'entraîne à sa suite en riant dans l'Hospéderia Sanva, la moins chère de Macao. Je me hisse avec peine dans les escaliers obtus de cette vieille demeure portugaise, avec la sensation d'être un de ces "young fellow" ayant parcouru les mers et survécu aux tempêtes et arrivant enfin à l'autre bout du monde, en Orient, pour faire fortune...le XIX éme siècle de Joseph Conrad n'est pas loin. Le XVI éme non plus, le lendemain alors que je me promène sur les ruines de l'Eglise bâtie en 1559 par les premiers jésuites...ils avaient du cran ceux là d'être venus jusqu'ici.
Macao est un étrange mélange entre l'ile de la Tentation à proprement parler, avec ses casinos, ses restaurants opulents, ses boutiques et ses patisseries. De quoi revenir gras et fauché après un séjour prolongé ici. Et puis il y a ce je-ne sais-quoi d'authentique au détour des ruelles pavées et tortueuses, derrière le miroir de l'argent et les facades polies des demeures coloniales. Ce mélange étonnant, détonnant de culture sud chinoise et portugaise, d'occident et d'Orient. Le kitsh un peu désuet à la chinoise avec un peu de cachet européen. Le fouillis des rues chinoises et les tropiques mettent à portée de main l'Europe du sud....et une tasse de café, alors que j'écris mon journal de bord en me délectant de petits flans dorés.
Macao, la moitiée du chemin vers l'europe est déjà parcourue.

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