dimanche 3 août 2008

La ville Amère

Au sol un homme git.

La foule continue de s'écouler dans la rue, abondante, tout comme l'eau qui se déverse dans les rues sous cette pluie diluvienne.

L'homme gît dans la rue devenue ruisseau.

Partout des microphones en main, affublés de costumes plus ou moins ridicules, de jeunes marchands s'égosillent pour vendre plus de téléphones portables, qui font aussi, miracle, GPS, radio, caméra ou télé...
"Et il fait à manger aussi?". Moi,moqueuse.
"Bah non...". Le vendeur désappointé.

L'homme relève la tête et regarde sa coupelle, emplie de billets trempés.

Les tours de verre de Kunming,qui s'imagine petite Shanghaï du sud, surplombent le vaste centre commercial au centre-ville. Au pied de la tour la plus haute, vêtue d'argent, la foule compacte qui se masse vers le "Carrefour" pour acheter ses légumes trois fois plus cher qu'au marché.

L'homme gît toujours, dans un sommeil de mort.

D'ailleurs quelque chose en lui est sans doute mort à vivre ainsi au ras du sol.

Ecoeurée, je cours sous la pluie pour regagner ma chambre.
La ville amère me laisse un goût étrange.

Pourtant je l'avais bien aimé Kunming le premier jour, ses quartiers étudiants foisonnants de café à l'européenne, de bars et de boutiques de vêtements branchés.
Son ciel presque bleu et son climat frais.

Mais rien ni fait, l'envie d'écrire se ternit, celle de parler aux gens, l'enthousiasme se fanne avec les jours. J'ai la ville amère.

Aucun commentaire: