dimanche 10 août 2008

Le voyageur inconciliable.

Le voyageur, idéaliste, rêveur éperdu, perdu aussi parfois, aspire au calme alors même qu'un irrésistible mouvement le pousse vers l'avant.
Tout en avancant, il tend vers un équilibre qu'il n'atteindra jamais, lui qui ne cesse de basculer dans sa course contre le temps, se rattraper, filer de nouveau vers l'avant, vers cette route qui l'aimante.

Il est la proie de désirs incompressibles, qui s'épandent en lui, emplissent son âme jusqu'au trop-plein, comme pour combler un vide qui y reprend sans cesse sa place.
Il est la proie du temps qui court sans perdre haleine, alors que lui ne sait que marcher; et dans son innocence, il croit pourtant en épouser le mouvement.
Il est prisonnier de ses rêves et des élans qu'ils engendrent, d'une énergie qui le lie à la route et anime chacun de ses pas.
Il se croit éternel alors que chaque seconde qui passe laisse sa marque, il se croit immortel alors que la fin le talonne.
Il est entre les mains du doute, des illusions déçues et du désir puissant de voir et de comprendre.

Le voyageur, avide de vie, arrive au temple.

Au dessus de sa tête, une inscription en caractère: " Avec lenteur marche, avec parcimonie exprime toi"
Le voyageur ne sait pas que la vérité qu'il cherche à grandes enjambées se trouve là, au dessus de sa tête, derrière ces mots étranges et qu'il lui suffirait de s'arrêter pour la découvrir.
Il ne sait pas que la réponse au mouvement se trouve dans l'immobilité et que les mots les plus sages demandent le silence pour être entendus.

Alors il crie son amour de la vie, et repart à grands pas.