mardi 9 novembre 2010

Toulouse, festival Terres Insolites

Sur les chemins de Chine a gagné le premier prix littéraire "Terres Insolites", remise des prix à Toulouse le samedi 20 novembre. Je participerai à des conférences et "cafés nomades" tout au long du week-end. Le programme :

http://www.deliresdencre.org/Programme%20Terres%20Insolites%202010.pdf

mercredi 27 octobre 2010

Rencontre Tibet/Turkestan: Clara Arnaud, Elodie Bernard, Sylvie Lasserre



A l'occasion de la sortie de leur livre :

- Le vol du paon mène à Lhassa, Elodie Bernard
- Sur les chemins de Chine, Clara Arnaud
- Voyage au pays des Ouïghours, Sylvie Lasserre

La Maison d'Asie centrale vous invite à une rencontre signature avec Clara Arnaud, Elodie Bernard et Sylvie Lasserre samedi 30 octobre de 15 à 16h00 au Zango bar, 15 rue du Cygne, Métro Etienne Marcel. Paris.

Une discussion débat informelle autour d'un thé sera suivi de dédicaces pour les intéressés ou d'un apéro si cela dure!

lundi 20 septembre 2010

Le souffle du Pamir









On me demande souvent si j'ai de nouveaux projets de voyage, si je compte repartir, où et quand...A vrai dire, depuis la rédaction de ce journal de route informatique en 2008, et en 2009 de mon livre, je suis déjà repartie deux fois: en Chine de l'est et en Asie centrale de nouveau, au Tadjikistan. Ce dernier pays est une merveille, un isolat hors du monde où le sublime et la plus grande précarité cohabitent. Je vous livre aujourd'hui un extrait de mon journal de route de l'été, et quelques photos pour vous encourager à aller voir de plus près ce superbe pays.

16/07/10
Les villages s’espacent peu à peu laissant la roche brute prendre le pas sur la vie humaine, l’ocre domine le vert qui ne subsiste qu’en des taches éparses. Quelques buissons abandonnés au soleil ravageur. La route serpente inlassablement, les chants en farsi s’enroulent autour de nos oreilles alanguies par le ronflement du moteur. A mesure que l’on gagne les hauts plateaux du Pamir, ces mythiques plateaux accessibles au seul prix d’effort et de patience, de longues heures d’attente, la poussière pénètre dans l’habitacle, rendant l’air de moins en moins respirable. Et soudain, au terme d’un dernier râle, la voiture franchit le col. Un petit bond permet à l’engin de se propulser poussivement sur la route déglinguée. Apparaissent subitement les hauts plateaux, dans toute leur désolation. La solitude de ces espaces constitués de pierres éparses, d’énormes morceaux de rocaille, balancés ça et là par une force obscure, me serre la gorge, telle une étreinte trop passionnée. La pierre éructe de part en part sous le soleil dévorant de l’été. La lumière pale fait ressortir le rouge vif de certains pans de roche, autant de saignées dans les flancs abrupts et massifs de ces imposantes sculptures naturelles. La violence inénarrable de ce paysage où rien ne semble pouvoir survivre, et que seules quelques forces étranges semblent animer, me plonge dans un état d’hébétude mêlé d’angoisse. Que suis-je venue, une fois de plus, chercher dans ces terres austères et abruptes, qui charrient toutes la solitude et la tristesse que l’homme est capable d’endurer dans quelques campements et quelques rares villages. Il semble que les hommes d’ici accomplissent en guise d’existence une forme de pénitence. Que la paix des montagnes est bien plus cruelle encore que la clameur effrénée des villes. Jamais nul milieu, pas même le haut plateau tibétain, ne m’a semblé plus hostile et singulièrement étranger à l’humain. Les hommes et les femmes d’ici ont pour eux le temps et le silence, mais ceux-ci s’imposent avec fureur, au détriment de la vie. Ici, les jours succèdent aux nuits sans autre forme de procès, dans une inextinguible course, sans que quelque activité ne vienne emplir le temps. Au delà d’un horizon si vaste qu’il en devient imperceptible, le regard se perd, la raison confine avec la folie.
Murgab s’étend dans une vallée presque verdoyante, un vert qui paraît exubérant par contraste avec la sécheresse de ces lieux. Ce n’est pas à proprement parler une ville tant la densité humaine est faible dans ce dernier bastion que peuple l’humanité avant les hauts Pamir. Au-delà des maisonnettes blanches aux toits de tôle, des quelques fils électriques, tendus tout près du sol et de la ligne sinueuse de la route s’engouffrant dans les montagnes, l’horizon est si vaste et si désolé qu’il en devient insaisissable. Il échappe. Aucun regard ne peut l’embrasser, nul écho ne s’y répercute, nulle odeur n’en émane. Il est absent aux sens. Une ligne, le vide et une mer de rocailles, une seule route menant en une quinzaine d’heures à la ville d’Osh côté kirghize, la ville de Khorog frontalière de l’Afghanistan côté tadjik. Route que seule une poignée de voitures emprunte désormais, et qui n’est sillonnée que de temps à autre par un camion amenant le ravitaillement nécessaire à la survie de Murgab. Les hivers glaciaux succèdent aux étés écrasés par la lumière surannée d’un soleil trop puissant, les jours se suivent et se ressemblent dans une interminable lutte contre vent et poussière. L’inextinguible instinct de survie qui anime les gens d’ici se lit dans les visages à la fois durs et rieurs, souvent moqueur, parcourus pars des éclats de tendresse. Les chiens semblent eux aussi avoir été moulés dans la roche, tant leur fourrure hirsute, leur têtes belles et hideuses à la fois, renvoi à la dureté du milieu. On n’atterrît pas à Murgab, on ne vient pas à Murgab, on n’y passe rarement. Le plus souvent, on y nait et on y meurt. C’est pour cela sans doute que ce lieu si âpre et désolé, éloigné de tout et soumis à des conditions climatiques extrêmes, possède une âme qui transpire dans les sourires et les visages, et ce vent incessant qui balaie le décor. On se laisse séduire par ce petit coin du monde où l’eau ne coule pas au robinet, l’électricité est capricieuse, et où le temps est comme suspendu, car il semble qu’à s’y attarder un peu, on parviendrait à arrêter la course folle des heures, des minutes et des secondes qui rythme insidieusement la vie urbaine. On se prend alors à rêver que l’on n’est pas arrivé à Murgab par hasard, que l’on est plutôt venu tenter d’y guérir de la maladie du temps qui fuit.
La foule est massée, compacte et dense, camaïeu de foulards d’où émergent des kalpaks. La foule se meut et tressaute au rythme des sabots qui battent effrénés la cadence des courses de l’été. La musique résonne en provenance d’une petite scène disposée au cœur de cet immense espace à ciel ouvert, cette étendue de pierraille et de poussière qui constitue le terrain de jeux. Le son du dutar et de la cithare se diffuse dans l’air chaud et éclate dans le ciel à la manière de petites bulles. Et les faces cramées, fripées par un soleil harassant se gondolent en de larges sourires édentés.


La cavalière sur le petit cheval alezan crin lavé, c'est moi!

dimanche 19 septembre 2010

La Grand Bivouac

Je serai à Albertville du 21 au 24 octobre

Conférence diaporama Sur les chemins de Chine le 21 octobre à 18h30 à la médiathèque de Saint-Paul sur Isère
Café rencontre le 22 octobre à 11h au Ptit Café à Albertville

La 25ème heure du livre

Je serai au Mans le samedi 16 octobre pour le salon du livre, La 25ème heure du Livre

FESTIVAL GLOBE-TROTTERS, conférence Sur les chemins de Chine

24 au 26 septembre 2010
22ème festival des Globe-trotters organisé par ABM
à l'opéra de Massy


Découvrez les projections et débats programmés ci dessous
La liste des stands pour rencontrer les voyageurs / Les expos photos

Buffet exotique "saveurs du monde" pour vous restaurer sur place


VENDREDI 24 SEPTEMBRE

Amphithéâtre

20h00 Chine: à cheval des monts Célestes au plateau tibétain - Conférence de Clara Arnaud
21h00 Sur le fil des Rocheuses - Réalisation numérique de Rémy Brun
22h30 Himalaya, le chemin du ciel - Film de Marianne Chaud. ZED production. Nominé aux Césars 2010

lundi 7 juin 2010

Petite sélection de critiques en provenance du site de Gaia, aux lecteurs de se faire, et me donner (!), leur avis

Libération « De Pékin, où on “vit la dictature du capitalisme en même temps que celle du communisme”, au Tibet des monastères, “où le sang a coulé et où la porte d'accoutumée ouverte est désormais gardée close au reste du monde par une escorte de policiers”, les personnes rencontrées sur ce chemin improvisé semblent aussi mystérieuses qu'improbables à l'œil occidental : le moine de Labrang “resplendissant d'un calme souverain”, la famille ouigour et son sens de l'hospitalité, la rudesse de l'accueil tibétain et, surtout, la certitude de vouloir connaître l'autre déroutent et rassurent à la manière des rares conducteurs croisés qui s'arrêtent pour jeter “dans l'air glacé des poignées de petits papiers multicolores qui se répandent en un nuage coloré” et repartent aussitôt. »

L'est-éclair « Clara n'élude pas la question politique. Pas de réponses préconçues, des interrogations avant tout. Les portraits sont si chaleureux qu'on a l'impression de partager les instants privilégiés. »

Le matricule des anges « Devant cette Chine protéiforme, "où l'impermanent côtoie le changement fulgurant", Clara Arnaud s'interroge, s'émerveille ou s'agace, dans une langue précise, révélant son souci d'être au plus près de ce qu'elle décrit, paysages, hommes, lumières, sentiments. Durant ce parcours initiatique, elle côtoie la solitude et l'angoisse autant que l'enthousiasme, et c'est dans une métaphore qu'elle nous offre sa définition du voyage, au cœur de ce texte qui est, également, un bel autoportrait : "Avant de vous révéler ses secrets, la route vous encrasse, vous ôte du corps cette pellicule de propreté, dilue dans la saleté la contenance des quotidiens." »

Les affiches – Le Moniteur « Un texte superbe, au diapason d'une experience inoubliable. »

Page des libraires « Le périple dans la Chine du Grand Ouest de la jeune Clara Arnaud (Sur les chemins de Chine, Gaïa) risquerait fort de marquer les débuts en littérature de voyage (ou littérature tout court) d'un auteur très prometteur. Elle nous entraîne, aux côtés de ses deux chevaux de bât, dans le pays ouïghour, sur les hauts plateaux tibétains, à la rencontre de l'attachante population d'un pays complexe ; son sens de la description et sa finesse d'analyse introspective laissent pantois. Elle nous conduit avec passion sur les chemins sinueux et boueux d'une Chine rurale, bien éloignée des clichés des masses médiatiques, politiques et touristiques. »

491 « Dans la lignée des voyageurs voyageurs, Clara Arnaud nous livre un récit superbement écrit et d'une grande humanité. »

Cavalière « Une expérience hors du commun. »

La Liberté « C'est dans la foulée d'une Ella Maillart que Clara Arnaud a pénétré les profondeurs du pays pour en parcourir l'Ouest à cheval, sac au dos. Ce qui donne un récit factuel, dépouillé, loin de tout romantisme. […] Le style est élégant tant la langue, ici, vient combler parfois la très grande solitude d'une Française en Chine. »

Sur les chemins de Chine sur les routes de France.....

Bonjour à tous

Un petit mot sur le blog car je constate que les curieux ont tendance à venir y faire un détour avant pour certains d'aller jeter un coup d'oeil à mon livre. A vrai dire, ce blog était au départ destiné à la famille, aux amis, et puis c'est devenu au fil de la route un contact rassurant avec la France, et un moyen de communication efficace, et pourquoi pas, un moyen de faire vivre le livre. C'est ingrat la sortir d'un livre, tout ce travail, et puis tout vous échappe, on commente, on critique ou on aime: passionnant mais parfois un peu difficile!

Je suis en ce moment en train de faire une petite tournée des festivals et librairies qui veulent bien m'accueillir, pour mon plus grand bonheur car je rencontre énormément de gens, faisant vivre près de deux ans après le retour l'esprit du voyage, laissant le hasard guider les rencontres. Un moyen aussi de partager un peu cette expérience de la Chine, de glisser un mot sur les ouïghours qui à mon grand désespoir n'ont pas droit à l'abondante littérature et à la même attention médiatique que le Tibet. Attention tout à fait légitime, et que l'on ne saurait relâcher, pour un peuple superbe, une terre âpre victime d'une colonisation destructrice, mais qui fait oublier d'autres destins tout aussi tragiques. Loin de moi donc l'idée de vouloir hiérarchiser les douleurs de ces peuples, mais je constate que ce qui soulève au moins quelques vagues de protestations sur les hauts plateaux, passe totalement inaperçu lorsqu'il s'agit de Xinjiang, ou Turkestan chinois, qui se meurt à grande vitesse. Il en est de même d'ailleurs pour d'autres minorités dont les mongols de Chine. A signaler à ce sujet la sortie du livre de la journaliste Sylvie Lassere chez Cartouche, qui parle enfin de la question ouïghoure.

Même si le sujet de mon livre n'était pas la politique, la rencontre au gré de la route avec les paysans ouïghours cernés par les usines et autoroutes qui se bâtissent en quelques mois, les moines tibétains ayant connu les répressions de mars 2008, les ouvriers chinois envoyés malgré eux pour bâtir ces mêmes autoroutes qui entaillent le sol tibétain et y amènent camions et répression, m'ont amené en creux à réfléchir sur le caractère oppressif du régime chinois, la destruction insidieuse de l'âme des peuples de Chine, pays historiquement multiculturel. Voilà pourquoi je suis en train, en collaboration notamment avec une revue de géopolitique intitulée sobrement La Revue, de me remettre à écrire sur le sujet hors du sentier littéraire que j'avais pris à l'époque, et avec le recul.

Voilà ce qui me mène aussi à accepter nombre d'invitations sympathiques et rencontres, et à poursuivre la route, en France.
Ainsi à la Comédie du livre de Montpellier ai-je partagé mon déjeuner avec un camélologue, éminent spécialiste du chameau, entre autres rencontres inopinées. Ainsi ai-je découvert et lu avec joie les premières BD de ma vie de lectrice, suite à ma rencontre avec une partie de l'équipe BD d'Acte sud au festival Ici et ailleurs sur le port de Brest (Un taxi nommé Nadir, Est, Nord-Est, chez Actes Sud).

Je serai à la fin de la semaine à Paris pour discuter avec tous les curieux du livre, du Tibet, de la Chine, de l'Asie centrale, du voyage à cheval et de tout autre sujet venant sur l'instant. Rendez-vous donc le 11 juin de 18h à 20h à la librairie Itinéraire, 60 rue Saint Honoré pour une rencontre informelle autour du livre. www.itineraires.com

Ou le 12 juin à Lille de 14h à 19h avec une projection diaporama du voyage à 17h, à la librairie Autour du monde, 65 rue de Paris. contact@autourdumonde.biz

Et enfin le 26 juin à Vézelay à la librairie l'Or des Etoiles, à 20h pour une projection-débat sur le voyage.

Après, pour moi c'est le retour aux sources, donc à l'Asie centrale, et deux mois au Tadjikistan (petit état méconnu juste au nord de l'Afghanistan) qui se profile.

lundi 5 avril 2010


Je suis heureuse de vous annoncer la sortie de mon livre ce mercredi 7 avril.
A cette occasion je donne une conférence pour Transboréal jeudi 15 avril (voir message ci-dessous), et serai invitée du salon du livre d'Asnière dimanche 11.

dimanche 24 janvier 2010

La Chine chemin faisant sur France infos

A cheval en Chine


RÉGIS PICART - HIER, 13:02


Clara Arnaud a l’impression d’avoir toujours été passionnée par la Chine. A 15 ans, elle a commencé à apprendre le mandarin. Elle ne s’intéressait pas vraiment au pays dont elle ne savait rien, elle était plutôt fascinée par les idéogrammes. Et puis un voyage en Asie centrale, au Kirghizstan, lui a donné envie de découvrir les régions méconnues à l’ouest de la Chine.
L’année dernière, l’année des Jeux Olympiques, à 21 ans, Clara se lance dans une traversée de l’ouest chinois à pied, accompagnée d’un puis de deux chevaux. L’équipage lui permet de transporter sa nourriture sur de longues distances et d’aller dans des coins qu’elle n’aurait pas osé aborder avec un sac à dos trop lourd. Les chevaux l’ont aussi astreinte à penser d’abord à eux et ne pas s’appesantir sur ces petits soucis à elle.
Et puis le cheval s’est révélé être un excellent passeport pour les rencontres. Lorsque Clara Arnaud arrive en avril au Tibet, par exemple, il n’y a rien. Tout est aride, gelé. Pour trouver et acheter de l’avoine, il lui faut multiplier les contacts et finalement les rencontres commencent par ces échanges commerciaux. C’est vrai qu’une jeune fille occidentale qui débarque dans un coin reculé de Chine où l’on n’a pas trop l’habitude de voir des touristes, cela ne laisse pas indifférent…
"La surprise que pouvait susciter ma présence, une jeune fille comme ça, perdue au milieu, par exemple, du Tibet, c’était un avantage, oui, pour me faire accueillir dans les familles auprès des femmes, des mères qui s’inquiétaient de mon sort, des enfants... C’était aussi un inconvénient des fois parce que j’ai vu des gens qui étaient hébétés de ma présence qu’ils en avaient presque peur. Particulièrement dans les régions nomades, les nomades Goloks que j’ai fréquentés au Tibet et qui sont des gens qui ont peu de contact avec les touristes dans les régions du nord du Tibet. Là, c’était très très dur. Parce qu’on me regardait avec effarement et je ne sais même pas comment ils interprétaient ma venue. Ca suscitait des craintes en fait."
Clara Arnaud est attirée par les marges, les minorités, comme les Ouïghours, les Tibétains. Elle apprécie les espaces de déserts, de hauts-plateaux faiblement peuplés et elle servie par la complexité de ce pays, complexité géopolitique, religieuse, démographique.

Ecouter la chronique (1'56")

http://www.france-info.com/chroniques-aventuriers-2010-01-23-a-cheval-en-chine-395857-81-171.html#

Le festival Culture-Aventure